Photo automobile : les réglages de base pour bien démarrer
Il n'existe pas de réglage magique en photo automobile : tout dépend de la lumière et de l'effet recherché. Mais il existe des points de départ fiables, et surtout des logiques à comprendre. Voici les miennes.
L'ouverture : plus fermée qu'on ne croit
Le réflexe du débutant est d'ouvrir à fond pour flouter l'arrière-plan. Sur une voiture, c'est une erreur : à f/1.8, le pare-chocs avant est net et la roue arrière ne l'est plus. La voiture perd sa forme.
Points de départ :
- f/5.6 à f/8 pour une vue d'ensemble. Toute la voiture est nette, le fond reste doux.
- f/2.8 à f/4 pour un détail — logo, optique, poignée. Là, le flou sert le sujet.
- f/11 et au-delà seulement si vous voulez le décor net aussi. Attention, au-delà de f/16 la diffraction ramollit l'image.
La vitesse : deux mondes opposés
Voiture à l'arrêt : peu importe, tant que vous êtes assez rapide pour ne pas bouger. 1/125 s suffit largement à main levée avec un objectif standard.
Voiture en mouvement, c'est l'inverse : il faut une vitesse lente pour que les roues soient floues et que le mouvement se lise. Une voiture figée à 1/1000 s ressemble à une voiture garée. C'est tout le sujet du rolling shot, où l'on descend à 1/80 s voire beaucoup moins.
Les ISO : les plus bas possibles
Sur une carrosserie lisse, le bruit numérique se voit immédiatement, surtout dans les dégradés doux d'une aile. Restez à la sensibilité de base — 100 ou 200 ISO — tant que la lumière le permet.
Si vous devez monter, montez : une photo un peu bruitée vaut mieux qu'une photo floue. Mais posez plutôt l'appareil sur un trépied et rallongez le temps de pose : la voiture ne bouge pas.
La focale : reculez et zoomez
C'est le conseil qui change le plus vite les images de quelqu'un qui débute.
Un grand-angle (16-24 mm) collé à la voiture allonge les capots, gonfle les ailes proches et rétrécit tout le reste. Résultat : une voiture déformée, en général peu flatteuse.
Un télé court (70-135 mm) pris depuis 10 ou 15 mètres comprime les perspectives, respecte les proportions et détache le sujet du fond. C'est la focale des photos de catalogue, et ce n'est pas un hasard.
Le grand-angle a sa place, mais pour un parti pris assumé : vue basse et dramatique, ou intérieur d'habitacle où l'on manque de recul.
La hauteur de prise de vue
Un réglage qui n'est pas dans le boîtier, mais qui compte autant. La hauteur d'yeux d'un adulte debout donne une image plate et banale.
Descendez à hauteur de phare, voire de moyeu. La voiture prend de la présence, la ligne de toit se détache du fond, les jantes existent. C'est inconfortable et ça salit le pantalon — c'est aussi ce qui distingue une photo travaillée d'un cliché de parking.
La balance des blancs
En RAW, elle se corrige après coup sans perte. Mais réglez-la quand même à la prise de vue, pour juger le rendu sur place : une carrosserie blanche vire très vite au bleu à l'ombre ou au jaune sous un éclairage urbain.
Le mode : priorité ouverture, puis manuel
En priorité ouverture (A ou Av), vous choisissez la profondeur de champ et l'appareil gère le reste. C'est confortable et suffisant dans 80 % des cas.
Passez en manuel dès que la lumière est stable et que vous enchaînez des vues : la voiture est sombre, la mesure de l'appareil va surexposer pour compenser, et vos images vont varier d'un cadre à l'autre. En manuel, la série reste cohérente — et une série cohérente demande deux fois moins de retouche.
Toujours en RAW
La retouche d'une carrosserie consiste surtout à rattraper des reflets et à uniformiser des noirs. Le JPEG n'a pas la latitude nécessaire. Le sujet est détaillé dans RAW ou JPEG.
Un point de départ à copier
Fin de journée, voiture à l'arrêt, télé court :
- Mode A, f/6.3
- ISO 100
- Correction d'exposition -0,3 IL pour préserver les reflets brillants
- Mise au point sur le passage de roue avant
- Appareil à hauteur de phare, à 10 mètres
Ajustez ensuite. C'est un point de départ, pas une recette.
Vous préférez déléguer ? Décrivez-moi votre véhicule et l'usage prévu.